YOLE DE BANTRY OU YOLE  1796

  • SON HISTOIRE :

1796  La France de la Révolution dépêche une armée navale, commandée par le contre-amiral Nielly, pour soutenir les patriotes irlandais en lutte contre l’Angleterre. Partie de Brest, l’expédition échoue en raison d’exécrables conditions météorologiques et d’une mauvaise préparation. Le 24 décembre, la flotte est désemparée au large de Bantry. La frégate la « Résolue », en difficulté suite à une  collision avec un autre bâtiment, met à l’eau son plus fin canot pour aller chercher du secours, mais devant la furie du temps, celui-ci doit faire côte à Clough Beach, sur Bear island, en baie de Bantry. Les Anglais, sous le commandement de Richard White, font prisonnier l’équipage et récupèrent la yole pour la transporter à Seafield Park, où elle sera parfaitement conservée durant un siècle et demi.  Elle est depuis connue sous le nom de « Yole de Bantry » ou « Yole 1796 ». Puis elle tombe dans l’oubli. En 1985, la revue « le Chasse marée » par l’intermédiaire de Bernard Cadoret, le propose comme modèle à Lance Lee de l’Apprentice Shop de Rockport, (USA), qui cherchait une embarcation emblématique pour organiser la manifestation maritime en l’honneur du centenaire de la Statue de la Liberté. C’est ainsi que s’amorça la renaissance de la yole de Bantry. Puis, suite au lancement de l’Atlantic Challenge et du défi jeunes marins 2000, l’Irlande, le Canada, le Danemark en fabriquèrent d’autres.

  • SES  CARACTÉRISTIQUES :

 La yole de Bantry ou  yole 1796, à une longueur de 11,64m, une largeur de 2,05m et un tirant d’eau de 0,79m. Elle arme dix avirons en pointe. Aucun élément du gréement d’origine n’ayant survécu, sauf les emplantures de mât, un plan de voilure avec 3 voiles au tiers pour une surface totale de 44 m2, dérivé des gréements d’embarcations de la même époque, a été dessiné par l’architecte François Vivier. Deux séries de plan ont été dressées qui sont la propriété de l’Atlantique Challenge et du Chasse-marée et qui servent à la construction des yoles de Bantry actuelles.

  • SON FONCTIONNEMENT :

L’équipage se compose de 13 personnes :  Un patron ou maître de bord, placé à l’arrière du canot, face à l’avant, dans la « chambre arrière ». Il ordonne les commandes au reste de l’équipage qu’il s’agisse des mouvements de rames ou des manœuvres de voiles. Il est aussi le barreur. Dix rameurs. Chaque rameur est assis seul sur un siège, face au patron, donc tournant le dos à l’avant. Les 5 rameurs assis d’un côté manoeuvrent les rames du côté qui leur est opposé et il en va de même pour les 5 autres rameurs. Étant donné la longueur imposante des rames (6 mètres) la synchronisation des mouvements doit être parfaite, et une manipulation d’équipe est nécessaire pour des manœuvres plus complexes, comme la mise à l’eau des rames. Le rameur situé à l’arrière de la yole est appelé chef de nage. C’est lui qui donne la cadence aux autres rameurs. Les rameurs lors de la navigation sous voiles adoptent un rôle différent. Ainsi, on trouve des maîtres de mât, qui hissent ou affalent la voile du mât dont ils ont la responsabilité. D’autres rameurs sont responsables des écoutes et s’occupent de l’allure des voiles. Pour compléter l’équipage deux « brigadiers ». Le brigadier d’avant est l’observateur. Il communique les informations relatives au plan d’eau environnant, au maître de bord. Le brigadier arrière peut sous le commandement du maître de bord, prendre la barre. Il peut même le remplacer si cela s’avère nécessaire. Les 2 brigadiers sont responsables de l’amarrage du canot lors du départ et de l’arrivée au quai. Ils aident aux manœuvres et au déplacement des rames, et assistent le maître de bord et les rameurs lors de la navigation sous voiles.